En route vers le Connemara ! Voici la suite et la fin de mon récit de voyage en Irlande à vélo. Après avoir entamé le Wild Atlantic Way, de Kinsale au Kerry, je continue ma route vers le nord. Ma prochaine étape : la péninsule Dingle. Je compte aussi explorer les falaises de Moher, avant la fin de mon périple. Et enfin, j’espère bien atteindre les grands espaces sauvages du Connemara pour finir ce tour d’Irlande.

La surprenante péninsule de Dingle

Dingle est la perle des cinq péninsules du sud-ouest de l’Irlande. Le coin offre en effet des paysages exceptionnels : le relief accidenté semble plonger dans l’océan ! En plus, c’est ici que se trouve la plus grande concentration de sites paléochrétiens irlandais. Bastion de la culture irlandaise, la Péninsule de Dingle est le centre du Gaeltacht, vaste région où le patrimoine linguistique et culturel irlandais est préservé. Le gaélique est donc fortement pris au sérieux et pratiqué. Alors avant de vous perdre dans la péninsule, apprenez au préalable à connaître Dingle en gaélique : An Daingean. Cela vous sera utile pour lire les panneaux de directions ! (qui ne sont pas en anglais)

J’y ai découvert bon nombre d’anecdotes rigolotes à propos de la péninsule :

  • La péninsule de Dingle a servi de lieu de tournage du célèbre film La fille de Ryan de David Lean. La grande plage d’Inch apparaît à plusieurs reprises dans des scènes mémorables.
  • Un cétacé a élu domicile dans la baie de Dingle depuis 1984, il s’agit de Fungie le dauphin. (C’est un peu comme You le phoque, mascotte sur notre côte dans les environs d’Arcachon jusqu’à Bayonne) Très amical, le cétacé prend un malin plaisir à suivre les bateaux qui lui rendent visite et exécute souvent ses galipettes. On peut l’apercevoir du bord de mer. On peut également aller à sa rencontre à la nage, à condition d’avoir le courage de se baigner dans les eaux glacées de la baie de Dingle. Il existe même des excursions en bateau pour lui rendre visite (16€, rembousé si Fungie ne se montre pas).
  • Si vous êtes à Dingle le 26 décembre, fête de la saint Stephen, vous assisterez sans doute au Dingle Wren. A cette occasion, les garçons se déguisent et se font des farces dans une débauche d’alcool… Selon la légende, un roitelet (Wren) trahit saint Stephen. Pour punir l’oiseau, la population chassait autrefois les roitelets, puis les clouait sur des poteaux avant de les exhiber dans les rues le jour de la fête du saint. Aujourd’hui, les roitelets n’ont plus rien à craindre, car la tradition a évolué. Des Wrenboys, vêtus de costumes et de chapeaux de paille, célèbrent l’évènement par la musique, le chant et les mouvements erratiques d’un cheval mi-bête, mi-diable dans les rues de la cité. En tant qu’étranger, restez prudent. En effet, en ce jour de débauche, vous risquez d’être la cible de taquineries surtout dans les pubs en fin de journée. Si vous décidez toutefois d’y assister, n’oubliez pas de vous munir de l’arme la plus efficace : l’humour.
  • Sur la presqu’île de Dingle, on trouve beaucoup de vestiges plutôt bien préservés. En effet, ces constructions insolites sont associées aux fées, selon la croyance locale. De ce fait, personne n’ose y toucher, de peur de s’attirer la colère des fées. Comme vous le savez, elles sont particulièrement susceptibles et rancunières…

En quittant la péninsule, devinez sur qui je suis tombée par hasard ? Michaël ! (le cyclotouriste tchèque rencontré 2 jours avant dans le Kerry) Après quelques instants, on décide de poursuivre notre voyage ensemble, ce qui implique de faire un raccourci du Wild Atlantic Way. Car nous voila dans un bus Eirann à destination de…

Ennis, la petite ville provinciale

Ennis est la capitale du comté de Clare. De cette petite ville, je retiens 3 souvenirs. Le premier, les ruelles d’Ennis sont tortueuses et pittoresques. Dans un second temps, on a réussi à partager un méga dîner en associant les vivres des voyageurs rencontrés sur place. Et enfin, on a découvert par hasard un vrai pub irlandais ! Méconnu des touristes et fréquenté uniquement par les locaux, le Faffa bar nous a permis d’assister à la magie de la rencontre de plusieurs musiciens irlandais autour d’une Guinness. Musique traditionnelle endiablée garantie !

C’est d’ailleurs à Ennis que Michaël et moi rencontrons notre nouveau compagnon de voyage, Jen des USA ! Nous voyageons ensemble vers notre nouvelle étape : les Falaises de Moher.

Les Falaises de Moher, aux vents puissants !

Même si les Cliffs of Moher sont très fréquentés par les touristes, les falaises restent particulièrement sauvages et offrent des paysages magnifiques. Venir en fin d’après-midi permet de profiter d’une lumière saisissante et d’éviter la foule de touristes venus en bus. Hautes de 214 m, ces falaises s’étendent sur 8 km. Par temps clair, il est possible d’apercevoir le Loop Head, les montagnes du Kerry, les îles d’Aran et les Twelve Bens du Connemara. Des petites promenades à pied sont aménagées. Restons néanmoins prudents sur les sentiers, où le vent peut nous faire perdre l’équilibre jusqu’à la chute des falaises. Donc pour les falaises de Moher, inutile de prendre le vélo, que j’ai laissé à l’auberge.

Doolin

A 10 km des falaises de Moher, se trouve un charmant port du nom de Doolin. Les sessions de musique irlandaise dans ses Pubs font la réputation de ce village. Tous les soirs, des groupes de musiciens locaux se réunissent dans les Pubs de la ville, pour jouer de la musique traditionnelle irlandaise. On y danse toute la soirée sur des rythmes frénétiques.

Nous logeons dans une auberge de jeunesse pas banale : l’Aille River Hostel. C’est dans un charmant cottage en pierre, vieux de plus de 300 ans, qu’ont été aménagés plusieurs dortoirs et chambres doubles. Chauffage central, feu de tourbe, lave-linge, cuisine équipée… tout le confort est là ! Les campeurs peuvent également poser leur tente sur le terrain aménagé. A ce moment-là, l’auberge est bien remplie. Et on se demande bien pourquoi… Pas très loin, à Lisdoonvarna, se déroule un festival insolite : le Lisdoonvarna Matchmaker Festival ! Chaque année depuis plus de 150 ans, au moins de septembre, le village organise le plus grand speed dating International. Durant 6 semaines, des célibataires affluent du monde entier, avec une seule envie : trouver l’amour !

Le Burren

Revenons à nos moutons, enfin à mon périple en vélo. Sur la route vers Galway, je traverse le Burren, vaste région désertique, riche en paysages lunaires. Burren vient du gaélique boireann qui signifie « lieu de pierre ». Par ailleurs, les rochers abritent de nombreuses grottes. Les courants d’eau se jettent dans ce qu’on appelle « marmites de géants » et des turloughs (ou Turlach, du gaélique Tuar, qui signifie sec, avec le suffixe lach qui signifie un endroit). Ces derniers sont des lacs présents dans les régions calcaires karstiques et qui disparaissent durant l’été.

Les nombreux dolmens et mégalithes qui parsèment la campagne témoignent de la présence importante de l’Homme aux temps préhistoriques.
Avec les Cliffs of Moher, le Burren a été déclaré Geopark par l’Unesco.

Je roule en direction du Connemara, avec en boucle cette musique qui reste en tête. Elle pourrait me rendre chèvre à force ! Pourtant, je ne l’ai jamais entendu dans ce pays, et d’ailleurs aucun irlandais ne connait cette chanson.

Connemara

J’atteinds la porte d’entrée du Connemara, Galway. Situé au milieu du Wild Atlantic Way, c’est une ville très accueillante avec son centre coloré, ses nombreux restaurants et pubs. Galway a un petit côté bohème, réputée pour sa créativité artistique et ses nombreux festivals animés.
Derrière l’église Saint-Nicolas, sur Market street, on découvre un mur où le fils de James Lynch aurait été pendu sur ordre de son père en 1493, pour avoir tué un invité de la famille qui avait un peu trop flirter avec sa petite amie. En réalité, personne ne sait vraiment où cela s’est réellement produit. C’est en 1854 et devant l’insistance des touristes que le pasteur Peter Daly fit construire par la suite ce faux mur. Qui plus est, ce dernier comporte une tête de mort, une porte et une fenêtre.

Ensuite, de Galway, nous traversons la région du Connemara pour atteindre Clifden sur la côte ouest. Cette charmante petite ville du Connemara offre de jolies balades sur ses plages sur la Clifden Bay. Par ailleurs, un ancien manoir en ruines, le Clifden Castle surplombe la baie de Clifden et offre un superbe panorama !

C’est à Galway dans le Connemara que je prend la direction de Dublin, retournant à mon point de départ. Ainsi s’achève mon tour d’Irlande à vélo qui aura duré 4 semaines. Un mois n’aura pas suffit pour découvrir et explorer toutes les régions irlandaises ! Ce qui est sûr, c’est que j’ai adoré parcourir la moitié sud de l’île à vélo. Je suis fascinée, non seulement par les paysages de collines très verts et les falaises surplombant la mer, mais aussi par la gentillesse et l’hospitalité de ses habitants, par l’originalité des voyageurs rencontrés et par l’art de vivre à l’Irlandaise. Aussi, de nombreux irlandais m’ont hautement recommandé les comtés de Mayo et du Donegal, moins connus des touristes et aux paysages plus sauvages encore… Pour toutes ces raisons, je reviendrai, c’est certain !